Faire un testament en étant pacsé, une décision à ne pas négliger

Le droit de la succession ne fait pas de cadeau à l’imprévoyance. Les règles sont nettes, parfois brutales, et la loi ne fait pas de place aux sentiments. Pour les couples pacsés ou simplement en union libre, le décès d’un partenaire peut transformer la vie en casse-tête financier, au pire en injustice crue. Trop de jeunes couples vivent ensemble sans imaginer que l’absence de précautions peut laisser le survivant sur le carreau, en difficulté face à la famille du défunt ou à l’État. Pourtant, quelques démarches simples suffisent à éviter bien des tourments et à protéger concrètement celui ou celle qu’on aime. Voici comment naviguer dans la jungle des règles successorales lorsqu’on est pacsé ou en concubinage.

Pour y voir clair, arrêtons-nous sur les points suivants, qui balisent les choix à faire pour protéger son partenaire :

  • En matière de succession, pacsés et concubins sont de parfaits étrangers : sans acte volontaire, aucun droit n’est accordé au survivant.
  • PACS et succession : la seule véritable différence, c’est la fiscalité !
  • Comment assurer une protection à son partenaire sans bouleverser le régime patrimonial ?
  • PACS, vie commune et enfants : comment préparer la transmission ?
  • Céder un bien immobilier entre partenaires pacsés ou concubins, surtout en présence d’enfants, exige une vraie anticipation.
    • Première piste : le PACS assorti d’un testament.
    • Deuxième option : le PACS combiné à un contrat d’assurance-décès.
  • Évaluation finale : quelles stratégies adopter pour protéger son couple en union libre ou pacsée ?

En matière de succession, pacsés et concubins sont de parfaits étrangers : sans acte volontaire, aucun droit n’est accordé au survivant.

En l’absence de toute disposition, le partenaire de vie, pacsé ou concubin, n’a aucun droit sur le patrimoine du défunt. La loi l’ignore tout simplement. Ce sont les enfants, puis les parents ou frères et sœurs, qui deviennent héritiers. Et si la famille fait défaut, c’est l’État qui rafle la mise. Beaucoup pensent que le PACS protège le partenaire survivant. Mauvaise pioche. Sans disposition spécifique, le partenaire pacsé est lui aussi exclu de la succession. Si vous ne prenez pas les devants, votre partenaire de PACS ne recevra rien de vos biens après votre décès. Seule petite nuance : le partenaire pacsé bénéficie d’un droit temporaire d’un an pour demeurer dans le logement commun. Pour aller plus loin, consultez « qui hérite d’une succession ? ».

Pour assurer la transmission au partenaire, il existe heureusement des outils concrets à activer de son vivant : rédiger un testament, souscrire une assurance-vie ou une assurance-décès.

PACS et succession : la seule véritable différence, c’est la fiscalité !

Si la loi traite pacsés et concubins sur le même pied en matière d’héritage, la différence se joue ailleurs : du côté de l’impôt. Pour qu’un partenaire (pacsé ou concubin) devienne héritier, il faut rédiger un testament. Mais là, la fiscalité fait toute la différence :

• Le concubin désigné par testament doit régler une taxe de 60% sur ce qu’il reçoit.
• Le partenaire pacsé, lui, hérite totalement exonéré de droits.

Cas concret : un couple sans enfant détient ensemble une maison de 200 000 €, chacun pour moitié. Ils souhaitent que le survivant hérite de la part de l’autre.
, Si le couple est pacsé : au décès de Monsieur, Madame hérite par testament de la moitié (100 000 €) sans payer un centime d’impôt.
, En concubinage : Madame hérite aussi de 100 000 €… mais doit verser 60 000 € aux impôts. Autrement dit, soit elle trouve la somme, soit elle vend le bien pour s’acquitter de la taxe.

À ce stade, il faut en tirer quelques enseignements :

  • Le PACS sans testament ne sert à rien pour transmettre un patrimoine.
  • Un testament en faveur d’un concubin reste très pénalisant à cause de la fiscalité.
  • PACS + testament : la combinaison idéale pour protéger le partenaire et supprimer la facture fiscale.

Comment assurer une protection à son partenaire sans bouleverser le régime patrimonial ?

La transmission par testament vers un concubin est lourdement taxée (60%). Difficile de protéger son partenaire dans ce cadre. Il existe une alternative : l’assurance-vie ou l’assurance-décès permettent de contourner la règle successorale et la fiscalité qui l’accompagne. Pour ceux qui disposent d’une épargne, ouvrir un contrat d’assurance-vie au nom de son partenaire s’avère souvent la meilleure option. Les fonds sont disponibles, le bénéficiaire est choisi librement, et au décès, le capital est transmis avec une fiscalité très avantageuse (0% d’impôt jusqu’à 152 500 €, puis 20% au-delà).

L’assurance-vie protège donc efficacement le partenaire survivant, bien mieux qu’un testament classique. Pour ceux qui n’ont pas de capital, l’assurance-décès constitue une autre piste. Moyennant une cotisation mensuelle modique, l’organisme d’assurance versera un capital important au partenaire désigné en cas de décès, sans aucune fiscalité successorale. La solution est particulièrement adaptée aux jeunes couples : à 25 ans, quelques euros suffisent chaque mois pour garantir 25 000 € de capital à son compagnon en cas de coup dur.

En résumé : protéger son partenaire en union libre reste possible, mais l’éventail des options est réduit. L’assurance-décès offre une solution souple et abordable pour les jeunes couples, tandis que l’assurance-vie demande un peu plus de ressources à investir.

PACS, vie commune et enfants : comment préparer la transmission ?

Si aucun dispositif n’est mis en place, les enfants héritent de tout et se partagent la succession, laissant le partenaire survivant sur la touche. La situation se complique : le conjoint survivant peut alors se retrouver copropriétaire d’un bien immobilier avec les enfants du défunt, ce qui n’est pas sans créer des tensions.

Les outils précédents (testament, assurance-vie, assurance-décès) restent valables, mais il faut intégrer une donnée supplémentaire : les enfants sont des héritiers réservataires. Impossible de les déshériter complètement. Un enfant a droit à la moitié du patrimoine au minimum, deux enfants à un tiers chacun, trois enfants ou plus à 75% de la succession. Pour en savoir plus : « Qui sont les héritiers réservés ? »

Autrement dit, un testament en faveur du partenaire pacsé ne pourra porter que sur la quotité disponible, afin que la réserve des enfants soit respectée. L’assurance-décès, elle, permet de transmettre un capital hors succession, sans jamais priver les enfants de leur part réservée.

Céder un bien immobilier entre partenaires pacsés ou concubins, surtout en présence d’enfants, exige une vraie anticipation.

Exemple concret : Monsieur et Madame Corrigetonimpot ont un enfant et possèdent ensemble une maison de 200 000 €, financée à parts égales. Leur souhait : que le survivant devienne pleinement propriétaire du logement à la disparition de l’autre.

Première piste : le PACS assorti d’un testament

Le testament prévoit que le partenaire survivant reçoit la part du défunt dans la maison. Au décès de Monsieur, sa moitié (100 000 €) revient à Madame, sans droits à payer grâce au PACS. Mais attention : l’enfant dispose d’une réserve héréditaire d’au moins 50 000 €. Madame devra donc lui verser cette somme, ou lui céder une partie de la maison. Si elle ne peut pas payer, la maison risque d’être vendue malgré le testament pour respecter la part réservataire de l’enfant.

Deuxième option : le PACS combiné à un contrat d’assurance-décès

Les deux partenaires souscrivent une assurance-décès en parallèle du testament. La cotisation mensuelle est modeste et, en cas de décès, l’enfant ou le partenaire survivant perçoit 50 000 €. Ainsi, si Monsieur disparaît, Madame hérite de la maison sans impôt par le jeu du testament, et l’enfant reçoit sa part grâce à l’assurance. La réserve héréditaire est respectée, et Madame devient pleinement propriétaire du bien, sans avoir à vendre ou à s’endetter.

Évaluation finale : quelles stratégies adopter pour protéger son couple en union libre ou pacsée ?

Ne rien préparer, c’est courir le risque de voir s’accumuler les problèmes : fiscalité écrasante, conflits familiaux, ou perte du logement. Des solutions efficaces existent, souvent peu coûteuses, et méritent d’être étudiées sur-mesure avec un professionnel aguerri. Une mauvaise stratégie, comme un testament classique au profit d’un concubin, peut se révéler contre-productive, voire dramatique. S’informer, anticiper, ajuster : voilà la véritable assurance d’une vie à deux sans mauvaises surprises, même face à l’imprévu. La sécurité d’un couple, ça se construit avant tout avec de bonnes décisions au bon moment.