Acheter un appartement en Andorre implique une procédure spécifique, distincte de ce qu’un acquéreur français ou belge connaît dans son pays d’origine. Le parcours administratif repose sur une autorisation gouvernementale préalable, un passage obligatoire chez le notaire andorran et un calendrier qui varie selon le statut de l’acheteur : résident, non-résident ou investisseur étranger.
Délais et frais selon le profil d’acheteur en Andorre
La durée totale d’une acquisition dépend directement du statut de l’acquéreur. Un résident andorran disposant déjà de son autorisation d’investissement peut boucler une transaction en quelques semaines. Un étranger non résident doit d’abord obtenir l’autorisation gouvernementale d’investissement étranger, ce qui allonge le calendrier de plusieurs semaines supplémentaires.
A lire également : 3 bonnes choses à savoir sur les chasseurs d’appartement
| Profil acheteur | Autorisation préalable | Délai estimé (total) | Frais d’acquisition principaux |
|---|---|---|---|
| Résident andorran | Déjà obtenue avec la résidence | Quelques semaines | Taxe de mutation, frais de notaire |
| Non-résident / investisseur étranger | Demande d’autorisation d’investissement étranger obligatoire | Plusieurs mois (instruction du dossier incluse) | Taxe de mutation, frais de notaire, frais de dossier gouvernemental |
| Résidence passive (investisseur/rentier) | Autorisation + dossier de résidence renforcé depuis 2025 | Délai le plus long (contrôles supplémentaires) | Identiques + justification d’un projet économique réel |
Depuis 2025, les dossiers de résidence passive appuyés sur un achat immobilier font l’objet d’un contrôle beaucoup plus strict par les autorités andorranes. Les montages purement fiscaux sans substance économique (holding sans activité, facturation artificielle) sont désormais rejetés.

A lire en complément : Comment estimer la valeur d’un bien immobilier ?
Autorisation d’investissement étranger : le verrou administratif
Tout acheteur qui ne détient pas la nationalité andorrane doit obtenir une autorisation gouvernementale d’investissement étranger avant de signer l’acte de vente chez le notaire. Cette autorisation, une fois accordée, permet de réaliser autant d’acquisitions immobilières que souhaité en Andorre.
Le dossier à constituer comprend plusieurs pièces obligatoires :
- Un passeport en cours de validité
- Un casier judiciaire vierge, accompagné de l’Apostille de La Haye
- Un certificat d’état civil
- Les contrats originaux d’achat du logement visé
L’instruction se fait auprès du gouvernement andorran. Le délai de réponse varie selon la complexité du dossier et la période de l’année. Il n’existe pas de délai légal garanti, ce qui rend la préparation en amont d’autant plus déterminante.
Conditions de base pour tout acquéreur
Deux conditions s’appliquent quel que soit le profil : être majeur et présenter un casier judiciaire vierge. Ces critères peuvent paraître évidents, mais un casier comportant la moindre mention entraîne un refus automatique de l’autorisation.
Dossier de financement et validation bancaire andorrane
Obtenir un prêt immobilier en Andorre ne fonctionne pas comme en France. Les banques andorranes évaluent le dossier de l’acquéreur selon leurs propres critères, et le financement doit être validé avant le passage chez le notaire.
La pratique récente montre un durcissement des conditions d’octroi, avec une hausse des taux et une attention accrue portée à la cohérence entre les revenus déclarés et le montant emprunté. Les professionnels du secteur signalent que les banques andorranes demandent de plus en plus souvent un apport personnel conséquent, surtout pour les non-résidents.
En revanche, un résident actif en Andorre, salarié ou entrepreneur avec une activité locale, bénéficie généralement de conditions plus souples qu’un investisseur étranger sans présence économique dans la principauté.

Signature notariale et taxe de mutation en Andorre
La finalisation de l’achat passe obligatoirement par un notaire andorran. Celui-ci vérifie la conformité du dossier, l’existence de l’autorisation d’investissement étranger le cas échéant, et procède à l’inscription de la vente au registre de la propriété.
Frais à prévoir lors de la signature
Les frais d’acquisition comprennent la taxe de mutation (impôt sur la transmission patrimoniale) et les honoraires du notaire. Il n’existe pas de frais d’agence réglementés comme en France. La plus-value immobilière fait également l’objet d’une imposition spécifique en cas de revente.
Le montant global des frais reste inférieur à ce qu’un acheteur paierait dans la plupart des pays européens pour une transaction équivalente, ce qui explique en partie l’attractivité du marché andorran.
Marché immobilier andorran : raréfaction de l’offre et concurrence accrue
La procédure administrative ne se déroule pas dans un vide économique. Depuis 2024, l’offre d’appartements à l’achat se raréfie chaque année, en particulier dans les paroisses les plus recherchées. La combinaison d’une hausse des prix et d’une hausse des taux crée une situation où plusieurs acheteurs se retrouvent en concurrence pour un même bien.
Ce contexte impose une préparation minutieuse du dossier en amont. Attendre d’avoir trouvé l’appartement idéal pour lancer la demande d’autorisation d’investissement étranger revient à perdre plusieurs semaines, pendant lesquelles le bien peut être vendu à un autre acquéreur déjà autorisé.
Moratoire de 2023 et ses suites
En septembre 2023, le Conseil général d’Andorre a instauré une suspension temporaire des investissements étrangers dans l’immobilier, levée début février suivant. Cette mesure visait à freiner les achats spéculatifs et à préparer un impôt sur ce type d’investissements. Les recettes générées devaient faciliter l’accès à des logements locatifs abordables.
Depuis la levée du moratoire, les conditions d’accès au marché ont évolué : les autorités privilégient les dossiers démontrant un projet économique réel et une présence effective dans la principauté, plutôt que des montages d’optimisation fiscale sans activité sur place.
Un acheteur qui prépare son dossier d’acquisition en 2025 doit intégrer cette nouvelle donne. La solidité du projet économique présenté aux autorités pèse désormais autant que la capacité financière dans l’instruction du dossier d’autorisation.

