Avec 3,8 millions de résidences secondaires recensées en France au 1ᵉʳ janvier 2025, soit près de 10 % du parc immobilier national, la question de leur couverture assurantielle concerne des millions de propriétaires. Pourtant, plusieurs angles morts persistent : clause d’inhabitation méconnue, risques amplifiés par l’absence prolongée, obligations légales selon l’usage du bien. Voici ce qu’il faut savoir avant de signer ou de renouveler un contrat.
Une obligation légale partielle, mais des risques bien réels
Contrairement à une idée reçue, l’assurance d’une résidence secondaire n’est pas systématiquement obligatoire. Pour une maison individuelle dont vous êtes propriétaire occupant, aucun texte ne vous y contraint. En revanche, si le bien est situé en copropriété, la loi ALUR du 24 mars 2014 impose au minimum une garantie responsabilité civile. Et dès qu’une mise en location intervient, même ponctuelle via une plateforme de réservation, une assurance propriétaire non occupant (PNO) devient obligatoire. Attention : ne pas informer son assureur d’un changement d’usage peut entraîner la nullité totale des garanties en cas de sinistre.
Lire également : Comment bien choisir son assurance habitation sans se tromper
Pour comparer les formules disponibles, la Macif propose une couverture dédiée aux résidences secondaires, qu’il s’agisse d’une maison, d’un appartement ou même d’un mobil-home. La mutuelle a par ailleurs été élue Service Client de l’Année 2026, un repère utile au moment de choisir un interlocuteur pour ce type de contrat spécifique. Pour aller plus loin sur les dynamiques du marché immobilier, vous pouvez consulter Immobserver.fr.
La clause d’inhabitation : le détail qui change tout
C’est le point technique le plus sous-estimé par les propriétaires de résidences secondaires. La clause d’inhabitation fixe la durée maximale d’absence au-delà de laquelle la garantie vol est suspendue ou annulée. Selon les contrats, cette durée varie entre 30 et 90 jours. Un logement inoccupé six mois par an avec une clause à 60 jours se retrouve sans couverture vol pendant au moins quatre mois consécutifs, souvent sans que le propriétaire en soit conscient.
A lire également : Les meilleurs moments pour changer d'assurance habitation
Cette contrainte plaide pour un contrat dédié à la résidence secondaire plutôt qu’un simple avenant au contrat principal, dont la majoration de prime (30 à 50 %) n’apporte pas toujours les garanties adaptées à l’inoccupation prolongée. Le coût moyen d’un contrat dédié s’établit à environ 226 euros par an en 2026, contre 196 euros pour une résidence principale, avec des écarts importants selon la localisation : 180 euros pour un appartement de 50 m² en Bretagne, jusqu’à 520 euros pour une villa de 150 m² sur la Côte d’Azur.
Des sinistres plus coûteux quand personne n’est là
Les dégâts des eaux représentent 43,7 % des sinistres habitation déclarés en 2024, pour 2,4 milliards d’euros d’indemnisations. Pour une résidence secondaire, ce risque est démultiplié : une fuite non détectée peut évoluer plusieurs semaines avant d’être découverte, provoquant moisissures généralisées (5 000 à 15 000 euros), effondrements de plafonds (10 000 à 30 000 euros) ou destruction du mobilier (8 000 à 20 000 euros). L’hiver aggrave encore les choses avec le gel des canalisations dans les biens non chauffés.
Les cambriolages constituent l’autre risque majeur. En 2025, 212 000 effractions ont été recensées en France. Le préjudice moyen sur une résidence secondaire est estimé entre 15 000 et 50 000 euros. Certains équipements, alarme, télésurveillance ou volets renforcés, peuvent faire baisser la prime tout en réduisant concrètement le risque. À noter également : depuis le 1er janvier 2025, la surprime catastrophes naturelles est passée de 12 % à 20 %, une première révision en 25 ans qui a entraîné une hausse moyenne de 8 % des primes habitation en 2026.
Avant de renouveler ou souscrire un contrat, vérifier la clause d’inhabitation, déclarer l’usage réel du bien et adapter les garanties aux spécificités du logement restent les trois réflexes les plus utiles.

