Travaux de rénovation : ce que votre assurance habitation doit vraiment couvrir

Les primes d’assurance habitation ont progressé de près de 30 % en France entre 2024 et 2026, selon les données de France Assureurs. Dans ce contexte, entreprendre des travaux de rénovation sans revoir son contrat expose à un risque bien concret : être sous-assuré précisément au moment où le chantier rend le logement plus vulnérable. Quelques réflexes suffisent pourtant à éviter les mauvaises surprises.

Avant le chantier : déclarer, vérifier, sécuriser

Tout propriétaire qui envisage des travaux lourds (réfection de toiture, extension, abattage d’un mur porteur) doit en informer son assureur avant le début du chantier. Cette démarche n’est pas qu’une formalité : elle permet d’obtenir un avenant temporaire couvrant les risques spécifiques à la période de travaux, et de s’assurer que la garantie responsabilité civile s’applique bien si vous intervenez vous-même.

Pour les petits travaux d’aménagement (peinture, carrelage), aucune démarche n’est généralement requise. Mais dès que le chantier implique des professionnels, il faut exiger de chaque artisan son attestation de garantie décennale et sa responsabilité civile professionnelle, ainsi qu’un numéro SIRET valide, avant tout versement d’acompte. Un artisan non correctement assuré peut laisser le propriétaire seul face aux dommages.

Pour les travaux structurels ou de construction, une assurance habitation ne suffit pas : la loi impose au maître d’ouvrage (c’est-à-dire vous, en tant que propriétaire commanditaire) de souscrire une assurance dommages-ouvrage avant le début du chantier. Prévue par l’article L.242-1 du Code des assurances, elle finance sans délai les réparations relevant de la garantie décennale, sans attendre un jugement. Son coût varie entre 2 et 5 % du montant total des travaux. Sans elle, la revente du bien peut se compliquer, le notaire étant tenu de signaler son absence.

Pendant et après les travaux : les garanties à ne pas oublier

Un chantier modifie temporairement les conditions d’occupation et d’accès au logement. Certains contrats excluent expressément les dommages liés à des travaux structurels ou à l’utilisation d’engins spécifiques. Lire les conditions générales avant de signer le premier bon de commande évite de découvrir une exclusion au moment du sinistre.

La garantie vol et vandalisme mérite également une attention particulière : un échafaudage ou une porte provisoire facilite les intrusions. Si le logement reste inoccupé pendant le chantier, une assurance propriétaire non-occupant (PNO) peut s’avérer indispensable, notamment en copropriété.

Une fois les travaux terminés, la mise à jour du contrat est souvent négligée, alors qu’elle est déterminante. Des travaux de rénovation énergétique (isolation, pompe à chaleur, menuiseries neuves) augmentent la valeur du bien. Si le capital assuré n’est pas revu en conséquence, l’assureur peut appliquer la règle proportionnelle de prime (art. L.113-9 du Code des assurances) en cas de sinistre, ce qui réduit l’indemnisation à due proportion. Il faut aussi réévaluer la surface assurée si des combles ont été aménagés, et revoir le capital mobilier si des équipements coûteux ont été installés.

Enfin, c’est le bon moment pour comparer les offres du marché : la loi Hamon permet de résilier un contrat MRH à tout moment après la première année.