Les cotisations d’assurance habitation ont progressé de manière significative ces deux dernières années en France, bien au-delà de l’inflation générale. Entre risques climatiques amplifiés, réforme de la surprime catastrophes naturelles et hausse des coûts de construction, les ménages font face à une pression tarifaire durable. Et désormais, cette réalité commence à peser directement sur les décisions d’achat immobilier.
Des hausses de primes qui s’accélèrent depuis 2025
En 2026, les primes d’assurance habitation augmentent en moyenne de 5 à 11 % selon le profil et la localisation du bien, avec des pics atteignant 15 % chez certains assureurs. Sur deux ans, la progression cumulée des cotisations approche 30 %, alors que l’inflation générale était retombée à 0,9 % à l’été 2025. Concrètement, un locataire en appartement de taille moyenne paie aujourd’hui autour de 140 euros par an, contre 403 euros pour un propriétaire de maison de plus de 110 m².
Plusieurs facteurs structurels expliquent cette dynamique. Le coût des sinistres climatiques a quasiment doublé en une décennie : en 2025, il atteignait 5,2 milliards d’euros, contre une moyenne de 3,7 milliards sur la période 2010-2019. La grêle seule représente 2,2 milliards d’euros d’indemnisations. À cela s’ajoute la revalorisation, au 1er janvier 2025, de la surprime obligatoire catastrophes naturelles (CatNat), passée de 12 à 20 %, soit une majoration moyenne de 17 euros par contrat. Pour les ménages qui souhaitent mieux comprendre les évolutions de leurs garanties, des plateformes spécialisées proposent une assurance habitation avec assistance 24h/24 et des outils de gestion en ligne, reflétant une tendance de fond vers la digitalisation des services.
Les disparités régionales restent marquées : les Hauts-de-France affichent une hausse de 15 % en 2026, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur de 13 %, et la Nouvelle-Aquitaine, région la plus chère du pays, de 11 %.
Un critère qui s’invite dans les décisions d’achat immobilier
Longtemps considérée comme une formalité après la signature du compromis, l’assurance habitation s’impose désormais comme un élément d’arbitrage à part entière. Des analyses publiées à l’été 2026 montrent qu’un nombre croissant d’acheteurs demandent un devis d’assurance avant même de formuler une offre, afin d’anticiper le coût global de détention du bien. Une démarche qui rejoint la logique du DPE, intégré depuis plusieurs années dans les critères de valorisation d’un logement.
Dans certains territoires fortement exposés aux risques climatiques, comme le Nord-Pas-de-Calais, les Landes ou le Gard, des ménages se voient proposer des contrats assortis de primes ou de franchises particulièrement élevées, voire se heurtent à des refus purs et simples de la part des assureurs. Cette réalité commence à influer sur l’attractivité de certains secteurs géographiques et, à terme, sur la valeur des biens concernés.
Face à cette pression tarifaire, les droits des assurés restent solides : toute hausse unilatérale de cotisation ouvre un délai de 30 jours pour résilier le contrat sans pénalité. Et selon un baromètre de mars 2026, comparer les offres permet d’économiser en moyenne 108 euros par an, ce qui incite de plus en plus de foyers à faire jouer la concurrence à chaque échéance.

